"De La Soul est un groupe de rap américain originaire de Long Island qui émerge en 1989 pendant l'âge d'or du hip-hop aux USA. Le crew se compose de 2 MC, Trugoy the Dove (de son vrai nom David Jude Joliceur, né à Brooklyn le 21/09/1968) et Posdnuous (de son vrai nom Kelvin Mercer, né le 17/08/1969 dans le Bronx), et d'un DJ, Pasemaster Mase (né le 24/03/1970 à Brooklyn sous le nom de Vincent Lamont Mason Jr). Leur rap se caractérise par l'humour, les jeux de mots, rien à voir avec le gangsta rap ambiant de l'époque. Avec les De La Soul on est dans un rap joyeux et positif, traitant de thèmes autres que le ghetto et la violence, mais sans toutefois délaissé le côté revendicatif des morceaux. Pas étonnant alors qu'ils soient les protégés de la rappeuse/comédienne Queen Latifah, avec qui ils ont fait un featuring sur « Mama gave birth to the soul children », et qu'ils ont retrouvé au sein de la Zulu Nation.
Leur entrée sur la scène nationale va se faire grâce à l'album « 3 feet high & rising », qui sera sacré platinum classic en 2000, et qui se vend lors de sa sortie en 1989 à 100 000 exemplaires, ce qui est très honorable pour l'époque. On retiendra plus particulièrement les titres « Three, the magic number » et « Me, Myself & I ». Ils intègrent très rapidement la Zulu Nation au côté de Busta Rhymes et Queen Latifah notamment, et font partie du groupe Native Tongues avec Mos Def et Afrika Bambata.
Malgré ces premiers succès, les critiques vont s'abattre sur le groupe à cause de leur style particulier, un peu loufoque, tout le monde n'accroche pas à leur style joyeux et à leur thème éloigné du ghetto. La réponse ne se fera pas trop attendre avec la sortie dès 1991 de « De La Soul is dead », au titre très clair. Le groupe veut casser l'image de néo-hippie qui lui a été attribué, et l'atmosphère générale de l'album est donc plus sombre.
En 1993, ils sortent leur troisième album, « Buhloone Mindstate », qui a une toute autre sonorité que leurs précédents opus, et ceci est dû en grande partie au fait qu'il a été enregistré avec les musiciens de James Brown pour tout ce qui concerne les cuivres. Les fans accueilleront bien cet album, reconnaissant le travail accompli par les artistes, mais en revanche les ventes seront encore moins fortes que pour « De La Soul is dead ».
Ensuite, les De La Soul vont enchaîner les albums et les hits (« Ring, Ring, Ring », « 4 More »), et vont donc acquérir une certaine notoriété et reconnaissance de la part de leurs confrères et des puristes, mais malheureusement les ventes ont du mal à suivre. Comme quoi des critiques élogieuses ne sont pas synonyme de hit parade si le son n'est pas suffisamment commercial, formaté pour le marché. En quelque sorte les De La Soul payent le prix de leur originalité, et c'est d'ailleurs là leur mérite, ils sont restés vrais et authentiques plutôt que de chercher à tout prix à se vendre.
Et ils reçoivent finalement la reconnaissance qu'ils pouvaient espérer de la part du public. En effet, la même année (2000), « 3 feet high & rising » est sacré platinum classic, et « De La Soul is dead » est certifié disque d'or presque dix ans après sa sortie ! Suite à cette récompense les De La Soul repartent de l'avant et vont sortir deux tubes, « Ooooh » en featuring avec Redman, et « All Good » avec Chaka Khan, ce dernier morceau les faisant connaître à un public plus large, notamment en Europe.
Le nouveau projet du groupe est une trilogie, nommé « Art Officiel Intelligence ». Le premier volet, « Mosaïc Thump » reçu un bon accueil, sans toutefois une fois encore exploser les charts, mais le second épisode, « Bionix », passa en revanche inaperçu. Suite à cet échec, leur label, dont ils étaient les chefs de file, connaît des difficultés financières et les De La Soul sont donc contraints de quitter Tommy Boy Records après plus de 10 ans de bons et loyaux services.
Ils débarquent donc en 2004 chez Sanctuary Records, le label du père de Beyonce Matthew Knowles. Leur première production sur leur nouveau label sera « The grind date », un album réussi, bénéficiant de bonnes productions, mais qui ne brisera pas la malédiction qui pèse sur De La Soul, à savoir un réel succès d'estime mais qui ne se concrétise que trop rarement dans les charts. Espérons qu'un jour ce groupe, qui fait maintenant partie des piliers du hip-hop, puisse rencontrer un public plus large et soit enfin récompensé pour leur apport au hip-hop depuis déjà presque 20 ans. Pour l'instant on attend le troisième et dernier volet de la trilogie « Art Officiel Intelligence », qui on l'espère bénéficiera d'une exposition suffisante."



