"Nasir Jones, alias Nas (ou encore Nas Escobar), est né le 14 septembre 1973 à Brooklyn. Issu d'une famille de musicien, son père était chanteur de jazz et son grand père de folk, il abandonne très tôt l'école pour s'orienter vers la musique. Dès 4 ans il jouait de la trompette dans les rues, et à partir de 9 ans il commence à rapper avec son groupe Devastating Seven. Mais sa première orientation fut celle du break dance, qu'il pratiqua sous le blaze de Kid Wave. En tout cas une chose est sure, la culture hip hop le berça très jeune !
En 1991 Nas se fait déjà remarqué, notamment lors de « Live at the barbecue », et avec la sortie de son premier single « Halftime ». Malgré tout c'est également une période sombre de sa vie avec la perte de son meilleur ami Will, et peu après la mort de son frère, tué par balles. Cela n'empêchera toutefois pas l'artiste de poursuivre son ascension, qui signe chez Columbia Records en 1992 après s'être fait remarquer grâce à un de ses titres qui fut utilisé pour la musique d'un film.
Le premier opus de Nas put alors être développé avec l'aide de grands noms de la production, tels DJ Premier ou Pete Rock. « Illmatic » sorti en 1994 et fut aussitôt considéré comme un chef d'œuvre, un vrai CD hip hop retranscrivant avec une précision remarquable l'ambiance des ghettos new-yorkais. Le flow et la plume de Nas lui permettent de devenir une icône du rap sur la côte Est, et un véritable engouement naît autour de ce jeune rappeur.
Arrive ensuite en 1996 « It was written », album qui se classera directement numéro des charts. Le talent de Nas est confirmé, même si le niveau de cet opus n'égale pas celui du précédent. A noter que pour cet album Nas s'est encore une fois entouré de beau monde, avec par exemple DJ Premier, Dr Dre, ou encore Trackmasters. Parmi les singles extraits de cet album, « If I ruled the world », en duo avec la chanteuse des Fugees, Lauryn Hill, reçu un très bon accueil.
Pendant trois ans le rappeur se fait un peu oublié, et c'est en 1999 qu'il revient au micro avec pas moins de deux albums sortis à quelques mois d'intervalle. « I am » et « Nastradamus » réaliseront des ventes honorables, mais les critiques furent durent avec Nas. En effet, il lui est reproché de s'être éloigné de ses racines, d'avoir oublié les valeurs du hip hop qu'il avait si bien défendues jusqu'alors. Ces textes paraissent moins soignés, et ces refrains sonnent plus pop que hip hop. De plus, autre élément qui fera scandale, le clip de « Hate me now », qui met en scène Nas crucifié tel le Christ, aura été très mal accueilli.
2000 sera l'année des collaborations pour Nasir Jones. Avec tout d'abord la création du groupe The Firm avec d'autres rappeurs new-yorkais comme Foxy Brown, Az ou The Nature. Et ensuite la formation du collectif QB Finest, qui regroupe des rappeurs du quartier d'origine de Nas, le QueensBridge.
L'année qui suivit fut chargée pour le rappeur tant sur le plan personnel avec le décès de sa mère à cause d'un cancer du sein, que professionnel avec les soucis avec la radio Hot 97, et le clash avec son éternel rival Jay Z. Ce dernier, avec le titre « Takeover », extrait de l'album « The blueprint », prétend que depuis « Illmatic » Nas n'a rien sorti de ce niveau, et même qu'il est déjà sur la fin. La réponse de l'intéressé apportera la preuve que le rappeur n'est pas mort, et que l'artiste a encore des ressources. En effet, le morceau « Ether », présent sur l'album « Stillmatic » (qui comme son nom l'indique se veut être le prolongement, la digne suite de « Illmatic »), remettra les choses en place... le roi du QueensBridge est bien de retour ! Et ce n'est pas un morceau de qualité isolé sur l'album, il s'agit bel et bien d'un retour aux sources réussi, et d'ailleurs le public et la critique ne manqueront pas de le signaler.
De nouveau en 2002 Nas fut très actif. Il participa tout d'abord au film Sacred in the flesh pour l'écriture et la production, puis joua aux côtés de Steven Seagal dans Ticker. Et côté musique il n'était pas au repos non plus avec la sortie de « The lost tapes », un album où sont réunis des inédits, « From Illmatic to Stillmatic », une compil de remix, et enfin « God's son » son véritable nouvel album. Ce dernier est encore une fois bien accueilli, bien servi notamment par un premier single réussi, « I can ». On notera également par rapport à cet album la bagarre à distance entre Nas et Jay Z qui sorti au même moment « The blueprint 2 : the gift and the curse ». Chacun choisira son favori...
Le dernier album en date de Nas est « Street's disciple », un double album qui, bien que jugé de qualité et dans l'esprit des classiques du rappeur, n'a pas reçu un très bon accueil du public, avec des ventes moins importantes que lors des dernières œuvres."
